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correspondant de presse photos et videos

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Articles de presse écrits par Rémy Peignard, photos diverses de paysages de bretagne et d'ailleurs, vidéos, sélection d'articles parus dans des journaux et magazines. Revue de presse.remy.peignard@orange.fr

Gafe aux coupures

Électricité : à Nantes, des aiguilleurs veillent

Deux tranches de la centrale de Cordemais en arrêt temporaire : au centre de contrôle nantais pour le Grand Ouest, on redouble de vigilance.

Dans un décor façon Star Trek, quatre opérateurs scrutent un grand tableau concave, constellé de points lumineux. Dehors, le crépuscule rougeoyant habille Nantes d'un froid piquant. À l'intérieur, on surveille les courbes de consommation d'électricité. Après celui du matin, c'est l'habituel deuxième pic de consommation de la journée. « L'électricité ne se stocke pas, explique le chef d'équipe, Julien Anache, 28 ans. La moindre ampoule qui s'allume a un impact. Notre travail, c'est d'équilibrer en permanence consommation et production. » Le tableau figure les lignes à haute et très haute tension du Grand Ouest, propriété de RTE, le service public d'acheminement de l'électricité (1). Des diodes témoignent du passage du courant. Vert, il circule. Rouge, non. Du vert, il y en a à peu près partout. Ce mardi soir, tous les moyens de production sont mobilisés. Seuls deux voyants rouges symbolisent les deux tranches au charbon de la centrale EDF de Cordemais, près de Nantes, en réparation jusqu'à la mi-janvier, depuis la chute d'une grue. Un incident qui accentue la vulnérabilité de l'Ouest, déjà déficitaire en production d'électricité.

 

Des coupures pas exclues

 

La Bretagne produit à peine 5 % de ce qu'elle consomme. Conséquence, « il faut acheminer l'électricité de loin. Nos lignes sont davantage sollicitées », explique Julien. Et, plus l'énergie vient de loin, plus les déperditions augmentent. « On travaille un peu comme les aiguilleurs du ciel. Si on approche des limites de capacité d'une ligne, on doit en temps réel réorienter l'énergie. Couper un disjoncteur, ouvrir une autre ligne. » Stressant ? « Non, mais des montées d'adrénaline oui, sourit-il d'un oeil gourmand. On est formé pour faire face à ces situations. »

 

Originaire de Lille, Julien, ingénieur en génie électrique, travaille chez RTE depuis 2001. Ce guitariste classique est devenu chef d'équipe l'an dernier : en quelque sorte le chef d'orchestre des trois personnes de quart. Sur la passerelle du navire, ils sont quarante à se relayer pour surveiller le réseau 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

 

Le 4 novembre, lors de la grande panne européenne, les témoins d'alerte se sont allumés. Des délestages automatiques se sont mis en place en France pour éviter la coupure générale : moins d'une heure plus tard, l'électricité était rétablie partout.

 

Jusqu'ici, le déficit énergétique de l'Ouest n'a pas directement engendré ce type de scénario chez nous. Mais des coupures ne sont désormais pas exclues tant que la centrale de Cordemais n'est pas remise complètement en service. Surtout si la rigueur hivernale se transformait en vague de froid. Ou encore en cas de nouvel aléa sur les moyens de production : « Les coupures éventuelles seraient des coupures maîtrisées, indique Jean-Paul Goussard, le directeur régional Ouest de Réseau de transport d'électricité. RTE demanderait les délestages aux distributeurs (2), sous l'égide des préfectures. »

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