Deux soirs au parc-expo
Voilà plus de trois ans que le public rennais est privé de sa grande salle du centre-ville pour cause de travaux de rénovation. Le Liberté, qui rouvre fin novembre, sera fin prêt pour cette
31e édition des Trans.
Le jeudi 3 décembre, les festivaliers reprendront donc leur navigation entre la salle du bas de 5 300 places et celle du haut (rebaptisée « L'Étage ») de 800 places.
« 230 groupes y ont joué, depuis 1986, l'année de notre première édition au Liberté, » note Béatrice Macé, la directrice des Trans.
Certains ont marqué, comme Nirvana en 1991. Les réentendre sera possible, au casque, au sein du Village implanté sur l'esplanade Charles-de-Gaulle. L'Ubu et la mythique salle de la Cité
accueilleront aussi des concerts. Mais, les grosses soirées des vendredi et samedi restent en périphérie, au parc-expo. Le choix n'est pas qu'artistique : l'an dernier, les Trans y ont
fait le plein, soit 12 000 entrées chaque soir.
Zéro tête d'affiche
Si le festival évolue sans cesse sur la forme, le fond ne bouge pas : parmi les 80 groupes ou artistes invités, repérés dans le monde entier, rares sont ceux qui retiennent spontanément
l'attention.
Le festival se veut, plus que jamais, un révélateur de nouveaux talents. Y compris au Liberté où, le jeudi 3, est notamment programmée la crooneuse anglaise, V.V. Brown, au son tirant sur
le funk-rock, à l'image d'Abraham Inc., le nouveau groupe du clarinettiste klezmer, David Krakauer.
Plus froid, le trio féminin londonien, au look gothique, d'An Experiment on a bird on the air pump jouera à l'Étage, après Beast, la nouvelle formation de Béatrice Bonifassi, la charismatique
chanteuse des Canadiens de Champion, révélation des Trans 2005.
Les filles en force
Le record est détenu par les Anglaises de Gaggle : elles seront vingt et une, vendredi 4 décembre, à former une chorale psychédélique sur la scène du parc-expo. Ce même soir, la
Suédoise Karin Dreijer Andersson dirigera l'imposant show électro-pop du groupe Fever Ray pour son unique date en France.
Rappeur irakien, chanteur hindou
De ce bouillon de culture musical, on extraira aussi bien du folk avec le sexagénaire américain Sixto Rodriguez et le jeune songwriter Cass McCombs, de l'électro-rock avec les Anglais de
Detroit social Club et les Écossais de The Phantom Band, ou de l'électro pure avec le Français Mister Oizo et les Irlandais de The Japaneses Popstars.
Mais, les Trans ne seraient pas les Trans sans leurs improbables rencontres. Cette année, The Narcicyst, un rappeur irakien vivant au Canada, se produira en compagnie de violonistes et d'une
harpiste du Qatar.
Quant au chanteur de rue hindou, Slow Joe, imprégné de musiques américaines, il viendra pour la première fois en France y marier son chant a cappella à la musique d'un jeune groupe lyonnais,
The Ginger Accident.
Renouveau rennais
Les Trans sont planétaires. Cette année, le festival est aussi très local. « Jamais la scène rennaise n'a été aussi riche », assure le programmateur Jean-Louis
Brossard pour qui l'image de « Rennes, ville rock » n'a rien de désuet. Del Cielo, La Terre Tremble !!!, The Wankin'Noodles et les Downtown Cuckoo sont quelques-uns des régionaux
de l'étape. Avec aussi les Caennais électro-folk de Gablé, déjà très convaincants l'an dernier.
Moscou en mai
La Russe Dj Sandra se produira le jeudi soir au Liberté. Une présence limitée en attendant mieux : l'organisation par l'équipe des Trans, les 28 et 29 mai 2010, d'un festival au coeur
de Moscou, dans le cadre de l'année de la France en Russie. L'affiche mêlera artistes russes et français.
Benoit LE BRETON.(Lire aussi en page Cultures) Programmation complète sur