Entretien
Gilbert Hervieux, président
du Groupement culturel breton
La 34e Bogue s'est achevée hier soir. Quel bilan en tirez-vous ?
Dans l'ensemble, très positif. Nous commençons à nous plaire dans le port. Le public a pris ses marques. Nous avons mieux occupé les lieux. Il y a eu un vrai
esprit village. La venue de bateaux a aussi été un grand moment. Les équipages nous ont promis de revenir. Ils ont été séduits par l'accueil et l'ambiance.
Mais, ce qui m'a surtout marqué, c'est le nombre de jeunes présents. De vendredi à dimanche. Au concours de chant, la moyenne d'âge a été très étonnante. La
transmission s'est faite grâce au milieu associatif, grâce aux écoles de musique. La relève est là !
Justement, comment voyez-vous aujourd'hui, l'avenir du festival ?
On sent bien qu'il y a moyen de lancer, ici, une action cultuelle importante. À condition que le Groupement culturel ne supporte pas seul l'organisation. La Bogue
a un coût humain et financier important. Et cela ne représente qu'une activité de notre association.
Il faut une coopération et une volonté de la ville de Redon, de la communauté de communes et du Pays de Redon. Cela vaut le coup que l'on se mette tous autour
d'une table pour discuter et soutenir la Bogue. Tout le monde est concerné.
Des idées, alors, pour développer encore plus la fête ?
Plein de gens nous ont lancé, ce week-end, des propositions. Je pense qu'il faut déjà réfléchir à une animation dans le centre de Redon, pour la Teillouse. Cette
année, les bateaux ont amené un vrai plus.
Ce sera à reconduire, peut-être, dans deux ans. L'année prochaine, nous serons encore au port. Pourquoi ne pas imaginer une animation autour de l'ancienne usine
Garnier et de l'histoire économique du Pays de Redon ?
Mais comment continuer à apporter un nouveau souffle à la Bogue ?
Un exemple : nous aurions besoin d'un régisseur, de quelqu'un qui encadre plus les bénévoles. Nous perdons encore du temps avec des petits dysfonctionnements
alors qu'il y a, ici, du potentiel pour faire plus.
Et puis, il y a encore plein de choses à actualiser. L'ouverture avec d'autres musiques est à creuser. Avec le classique, entre autres. On pourrait aussi mettre en
valeur, ici, d'autres produits du terroir que la châtaigne.
Au-delà de la musique traditionnelle, qui est le coeur de la Bogue, quel est, selon vous, l'impact du festival ?
La Bogue, c'est avant tout une fête sans esprit mercantile. Mais elle a aussi un impact économique important. Elle donne une image de marque au Pays de Redon. Ce
serait bien que tout le monde en prenne conscience et que des industriels de coin nous soutiennent.
Elle a aussi un rôle social. Beaucoup de personnes reviennent à cette occasion. Comme un pèlerinage. Il ne faut pas croire qu'elle ne concerne que la ville-centre.
La Bogue, c'est la fête de tout le Pays de Redon. C'est une notion importante ici.